Friday, February 24, 2006

Gouvernance hôpital 2007

Déclaration de Gilles Delbos, conseiller général du Val de Marne

Aux usagers, aux salariés, aux médecins

Madame, Monsieur,

A compter de ce jour vendredi 24 février 2006, en accord avec Christian Favier, Président du Conseil Général, je suspends ma présidence du Conseil d'administration de Paul Guiraud Villejuif pour une durée indéterminée.
J'assure la Présidence de ce conseil depuis juin 2004. Je considère la situation faite à cet établissement en particulier et à la psychiatrie en générale comme dangereuse.

Si j'ai pris cette décision, c'est après mûre réflexion et pour aider aux nécessaires clarifications et rassemblements face à une situation alarmante qui nécessite attention et engagement de toutes et tous. Je reste d'ailleurs membre du CA avec cette intention.

Depuis 1983, la logique d'ensemble des politiques de santé ne cesse de vouloir mettre un terme à des dépenses de santé jugées excessives. Ce n'est donc plus aux moyens financiers de s'adapter aux besoins de santé de notre peuple mais l'inverse. En clair, il ne serait plus possible de soigner tout le monde partout de la même manière.

Selon que vous serez pauvre ou riche, le système de santé vous rendra malade ou bien portant. Quel recul de civilisation !

Cette situation de pénurie, particulièrement dramatique dans le domaine psychiatrique, est le résultat d'un sevrage organisé des dépenses utiles de la nation qui brise tous les services publics dont celui de la santé.

Agir contre les dégradations des conditions de travail et de soins à PGV, c'est agir contre cette politique. L'argent qui gonfle les portefeuilles des actionnaires peut et doit être assujetti aux cotisations sociales comme le sont les fiches de paye. Cela rapporterait des dizaines de milliards d'euros dans les caisses de la santé. C'est la voie du coeur et de la raison, celle de la justice et de l'efficacité.

Pour mettre en oeuvre cette politique que le peuple a pourtant condamnée le 29 mai dernier, on destructure les organismes de gestion, on discrédite les syndicats et les médecins, on met en oeuvre les règles dites « de nouvelles gouvernances ». Si je devais résumer leur sens, je dirais que c'est « moins de pouvoir aux élus du peuple, aux élus des salariés et plus de pouvoirs aux personnes désignées par les ministères ».
Pour les objectifs régressifs du Ministère, il faut des méthodes expéditives. Le projet de SROS 3 a été élaboré dans un déni de démocratie. C'est-à-peine si l'on a consulté les élus (et que dire des personnels) ! J'ai dénoncé fermement cette situation à l'occasion d'une conférence de présentation aux élus du projet par le Directeur de l'ARH à laquelle aucun syndicat n'était convié.
.../...
Depuis quatre mois, le Conseil d'administration de Paul Guiraud prend des décisions en n'ayant pas de quorum et sans que la CME ou le CTE n'aient exprimé un avis.
Malgré mon action inébranlable pour permettre que les revendications de vos représentants soient entendues et que la concertation et le dialogue priment, les administrateurs n'ont reçu aucun signe tangible démontrant la volonté des autorités de s'occuper vraiment des problèmes de PGV.

Les Contrats d'Objectifs et de Moyens (COM) sont des pierres angulaires de la logique de contractualisation soumettant la santé à des moyens en peau de chagrin. A PGV, le projet de COM aurait pu être l'occasion de discuter et élaborer une vision de l'avenir de l'établissement en appui sur les nécessités constatées avec le personnel et tous les administrateurs. Cela n'a pas été le cas.

Si des propositions alternatives ont été prises en compte, c'est toujours avec l'argument d'économies à réaliser ailleurs. En un mot : « habillons Pierre en déshabillant Paul ! ». Je ne partage pas cette logique. Quelles économies quand l'hôpital souffre d'un manque de moyens humains et financiers pour faire face aux besoins des patients présents et à venir ? Au fond, je considère que l'on en est resté au cadre pré-établi par l'ARH.

Si j'ai été élu, c'est sur un mandat clair : celui de contrer la politique de casse sociale qui frappe notre pays. Je considère que partout où cela est possible, il faut contester ces choix y compris dans les assemblées pour promouvoir une toute autre conception du développement de notre pays basée sur le développement des dépenses liées à la formation, à l'emploi et à la santé. Voilà ce qui guide mon action.

Comme président et donc animateur des débats des instances de l'hôpital, force est de constater toutefois que les orientations nationales et les conditions locales ne me permettent pas de faire fonctionner les instances et de faire entendre leurs choix et décisions.

Dès lors, à quoi bon rester en place et apparaître comme cautionnant une politique que je combats par ailleurs aux côtés des syndicalistes et des militants progressistes ?

Voilà pourquoi, après rencontre des administrateurs et en accord avec le Président et mes collègues du Conseil Général, je mets en suspens pour une période indéterminée ma fonction de Président du Conseil d'administration sans quitter le CA. Loin d'abandonner le terrain, je veux ainsi exprimer ma détermination à obtenir des autorités de tutelle la reprise du dialogue et des engagements significatifs pour l'hôpital.

Ma décision répond à un souci de clarification pour permettre le rassemblement le plus conséquent et le plus large possible :
· pour que le Ministère assume ses responsabilités.
· pour que des moyens substantiels soient dégagés pour que vive et se développe la psychiatrie publique.
· pour que Paul Guiraud et les intérêts des Val-de-Marnais soient entendus.
A mon sens, vous l'aurez compris, donner sa chance à l'hôpital PGV, au projet d'établissement, aux revendications et nécessités actuelles et à venir, ce n'est pas entrer dans le système du « moins pire », dont on imagine l'issue. Je considère au contraire qu'il faut porter un coup d'arrêt, rompre avec cette spirale qui accélère la casse de l'hôpital public, le démantèlement de notre système sanitaire. Nous avons besoin de la santé, la santé a besoin de nous.
J'appelle à ce que se tiennent les débats utiles aux rassemblements futurs. Je suis disponible pour chacune de vos initiatives qui permettra de nous faire entendre de l'ARH et du Ministère. Vous pouvez compter une nouvelle fois sur mon engagement à tout instant.

Gilles Delbos
Conseiller Général du Val-de-Marne

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