Saturday, February 12, 2005

Germaine Le Guillant


Une attention sans faille

À travers une rencontre et une longue amitié, portrait d’une femme discrète sur son travail audacieux et original auprès des infirmiers psychiatriques.
Par son humanité, par son intérêt pour autrui, sa façon de vous écouter, de témoigner son intérêt, de porter attention à ce qu’on lui disait, par la chaleur de sa voix si mélodieuse, par sa sensibilité et je dirais même sa vulnérabilité, Germaine Le Guillant, qu’on ne pouvait nommer autrement qu’Hirondelle dès qu’on la connaissait, m’a profondément impressionnée et touchée dès notre première rencontre. Celle-ci eut lieu dans les années «cinquante» à propos des effets dévastateurs des séparations précoces des jeunes enfants de leur mère et des carences massives auxquelles ces bébés et très jeunes enfants étaient exposés dans les lieux d’accueil, qu’il s’agisse de pouponnières «sanitaires» ou «sociales». À cette époque, je participais à un travail de clinique et de recherche dans une annexe de ce que l’on appelait le «dépôt» de l’Assistance Publique de la Seine, avec Geneviève Appell et Françoise Créange (devenue Françoise Picard depuis), l’une psychologue, l’autre jardinière d’enfants, toutes deux très jeunes professionnelles dont c’était, comme pour moi, le premier poste. Nous étions toutes trois bouleversées par l’état d’anéantissement de ces bébés âgés de 1 à 3 ans, provisoirement ou définitivement séparés, arrachés à leur famille, voire abandonnés (1). Contrairement à la plupart des personnes qui, à l’époque, militaient en faveur des collectivités d’enfants sans prendre la peine de voir ce qui s’y passait, Hirondelle sut m’écouter et m’entendre jusqu’au bout, sans se montrer ni irritée, ni défensive, ni offensée, ni dubitative, elle qui avait accueilli à La Guette avec tant de chaleur des enfants que la guerre ou la misère ou la maladie avait séparé de leurs parents, et qui avait tant œuvré pour que la collectivité leur apporte sécurité et réconfort. Ainsi fut cette première rencontre entre cette femme expérimentée, qui avait déjà fait ses preuves, qui savait s’occuper des enfants, qui était sensible à leurs problèmes et avait su avec peu de moyens organiser une collectivité au sein de laquelle chaque enfant était une personne «connue» et non un numéro, et moi, novice, ignorant tout des Ceméa, qu’elle écoutait attentivement alors que je venais déranger ses convictions, en dénonçant les carences institutionnelles, la nocivité des séparations.
http://www.cemea.asso.fr/vst5354texte2.html

Friday, February 11, 2005

Louis Le Guillant


Né le 26 février 1900 à Lorient, Louis Le Guillant suit des études de médecine et de sciences naturelles à Rennes. D'abord externe des hôpitaux de Paris, il devient interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine en 1926 puis médecin des hôpitaux psychiatrique en 1931. De 1932 à 1944, il est le médecin-directeur de l'hôpital psychiatrique de la Charité-sur-Loire (Nièvre). A partir de 1941, il y accueille des maquisards et des réfractaires au STO. En 1943 et 1944, Louis Le Guillant est membre du Conseil technique de l'enfance déficiente et en danger moral, dirigée par le professeur Heuyer De 1944 à 1947, il est conseiller technique auprès du ministre de la Santé, François Billoux, chargé de la coordination des services de l'enfance déficiente et en danger moral. Entre 1945 et 1968 il est membre du conseil d'administration des CEMEA (Centres d'Entraînement aux Méthodes d'Éducation Active).En 1947, il est nommé médecin chef des hôpitaux psychiatriques de la Seine. Entre 1947 et 1965, il occupe un poste à l'hôpital psychiatrique de Villejuif. En 1949 et 1950, il prend la direction médicale du Centre d'observation de Vitry. En 1950, il participe à l'ouverture du Centre de traitement et de réadaptation sociale de Villejuif. Louis Le Guillant fut très actif dans le domaine des publications. Il participe à plusieurs revues. Il fonde en 1946 la revue Sauvegarde, revue des associations régionales de sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence. Il est membre du comité de rédaction de la revue Enfance en 1948. Il participe également à une autre revue, La Raison, dont il est le cofondateur en 1951, avec notamment les docteurs Bonnafé, Follin, Lafitte et Wallon. Il en est le rédacteur en chef jusqu'en 1956. Chevalier de la légion d'honneur, officier de l'Ordre de la Santé publique, il part à la retraite en 1965. Il décède le 8 février 1968.
photo Germaine et Louis Le Guillant - publié dans VST- N° 53/54